TAMESHI GIRI : les Facteurs d'efficacité d'une lame

Les facteurs d'efficacité tiennent d'abord à la maitrise de l'expert dans l'art du Tameshi giri ainsi que les des qualités propres de la lame.

Le premier facteur concerne tout d'abord la vitesse de la lame lors de sa prise de contact avec la cible, celle-ci est le résultat, d'une part de la stabilité du corps joint à une parfaite décontraction des bras et des épaules. La tenue du sabre doit être aussi parfaite, ainsi la lame ne doit pas vriller à l'impact, une coupe en virgule est moins efficace qu'une coupe rectiligne.

Généralement, on conseille d'excécuter un mouvement de torsion sur la poignée du katana ( essorer un linge ). Ce mouvement aide à pousser la coupe en contractant ses muscles afin d'avoir la " force nécessaire ", évite à la lame de vriller, et maintient la coupe droite.

L'angle de coupe n'est pas identique suivant les matériaux, le bambou s'attaque à 45° tandis que la paille de riz peut se couper de + & - 45° à 90°.

Les bras n'ont qu'une force limitée. L'art de la coupe fait usage de la hanche ( mouvement d'inertie ) et du déplacement du corps pour appuyer le coup.

La lame subit une accélération très importante dont le maximum a lieu au point d'impact. La coupe doit être appuyée par une énergie physique et mentale ( KIME ).

 

Le second facteur d'efficacité réside dans la qualité de la lame: paramètre très important. Le Katana traditionnel est affuté comme un rasoir, car sa structure double, générée par un trempe sélective, lui permet d'obtenir une très forte dureté.

Le véritable secret du sabre japonais est l'affutage. Ce dernier commence à l'arête de la lame et englobe tout le biseau de celle-ci. L'angle ainsi réalisé est d'environ une dizaine de degrés.

Les Axes de Coupe

Les coupes sont réalisés selon le "style des coupes dans les huit directions" ( Happo giri ).

Sur un cadran solaire, les coupes sont répertoriées comme suit:

12H coupe verticale de haut en bas, à 6H coupe verticale de bas en haut ( pratiquement irréalisable )

2H coupe oblique de haut en bas et de doite à gauche, 10H même coupe mais de gauche à droite

3H coupe latérale de droite à gauche, 9H même coupe mais de gauche à droite.

4H coupe oblique de bas en haut, de droite à gauche, 8H même coupe mais de gauche à droite.

Ces coupes sont classées par ordre de difficulté de réalisation.

Les coupes faciles sont les coupes de haut en bas en oblique de gauche à droite ( kesa giri )et verticale ( kiri otoshi ): le mouvement du corps est naturel dans son déplacement.

Les coupes moyennement difficiles sont les coupes latérales ( yoko giri ), et par conséquent les plus difficiles à réaliser sont les coupes obliques ( gyaku kesa kiri ) et la verticale de bas en haut parce que le mouvement n'est pas naturel en soi.

Processus de coupe

Il n'y a pas de secret dans les coupes, la force doit provenir essentiellement du mouvement de rotation du corps concentré au niveau des hanches. Dans le cas des coupres latérales, le mouvement est renforcé d'une translation du poids qui aide l'action de la hanche.

lors de la coupe, on arme le sabre en retrait ( kiri kabute ) pour emmagasiner l'élan suffisant, puis on coupe la cible ( kiri tsuke ) et l'on reste vigilant (zanshin ) afin d'excécuter une autre coupe dans l'immédiateté face à autre adversaire potentiel. La fin de la coupe est décidée par le geste d'égoutter la lame d'un sang ( virtuel de nos jours ) puis d'un rengainage ( nôto ) dans le fourreau ( saya ). Le sabre est orienté tranchant vers le ciel afin qu'il glisse correctement sur le dos de la lame ( mune ).

 

Anatomie d'une coupe

Pour un samuraï, la finalité du tameshi giri etait l'efficacité au combat. Les techniques portées sur une botte de paille sont transposables à celles portées sur un combattant adverse.

Le Katana est une arme de taille: son but est de provoquer soit une atteinte au système circulatoire ( hémorragie ) soit une destruction du d'une partie du système nerveux ( choc nerveux et perte du contrôle d'une partie du corps ). Un autre style d'atteinte est l'immobilisation de l'adversaire par sectionnement musculaire ou tendineux ( coup de JARNAC en europe ).

De nos jours, pour mieux donner un réalisme à ces techniques, la cible doit être épaisse ( 20 cm ) et avoir une certaine hauteur ( 80 cm ) afin de représenter le tronc d'un être humain.La partie supérieure sera la tête, elle s'attaque par une coupe verticale ( kiri otoshi ) ou obliques ( migi ou hidari kesa giri ). Ces attaques sont portées au niveau de l'occiput et des tempes pour provoquer un choc nerveux. Si la coupe est forte, elle peut ouvrir la boite cranienne et atteindre le cerveau infligeant une paralysie du corps ou la mort instantanée par choc nerveux.

De plus décisives, qualifirons nous les coupes obliques portées au niveau des carotides ( migi et hidari kubi ). Leurs buts sont les artères sous-clavières qui entrainent la mort de l'adversaire en moins de dix secondes

Les attaques en milieu de botte correspondent aux attaques des poignets et avant-bras ( migi et hidari kote ). Elles sont faciles en situation de combat et efficaces pour désarmer un adversaire. Autre avantage, elles provoquent le sectionnement des artères cubitale et radiale, ce qui entraine la mort en quelques minutes par hémorragie.

Les dernières coupes obliques et surtout latérales, en base de la botte, représentent les attaques au niveau du ventre et des flancs ( sous les cotes flottantes par souci d'efficacité ). L'adversaire armant son sabre, découvre cette partie du corps et les flancs offrent une facilité d'atteinte . Ces coupes ( migi et hidari do ), la première technique va toucher le foie et la seconde la rate, deux organes fortement vulnérables par choc nerveux et hémorragie.

 

Chibori : égoutter le sang avant le rengainage : nôto
coupe kesa giri sur bambou flottant
résultat d'une coupe latérale parfaite ( yoko guruma )